Nike au plus bas depuis 12 ans : quel impact sur le Dow Jones ?

Écrit par Audrey Croiset
Édité parMaxime Parra
Publié le 26 août 2026

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3,12 %. C’est la baisse de Nike le 25 août, au terme d’une séance où le Dow Jones, qui compte le titre parmi ses trente composantes, a gagné 0,30 %. Le 17 août, l’action avait touché son plus bas niveau de clôture depuis 2014.

L’essentiel

Nike a clôturé à 39,09 dollars le 17 août, un niveau plus revu depuis août 2014. Le titre perd 38,6 % depuis le début de l’année.

Nike est la trentième et dernière valeur du Dow Jones. S&P Dow Jones Indices a sorti Verizon de l’indice en juin dernier pour un poids jugé « immatériel », alors que la méthodologie de l’indice ne comporte aucune règle d’éviction.

Trois échéances importantes pour les marchés cette semaine : l’inflation PCE mercredi à 14h30, les résultats de Nvidia le soir même, le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole vendredi.

Avertissement

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Nike : un cours au plus bas depuis douze ans

Le cours de Nike est retombé le 25 août sur ses plus bas de douze ans. L’action a ouvert sur un gap baissier, à 39,51 dollars contre un plus bas de 40,68 la veille, puis est descendue à 39,03 en séance. Elle a terminé à 39,48 dollars, en baisse de 3,12 %. [1]

Le 17 août, elle avait terminé à 39,09 dollars, en repli de 4,03 %. Elle n’avait plus clôturé à ce niveau depuis août 2014.

RBC Capital Markets a maintenu le 25 août son opinion neutre et son objectif de 45 dollars. Piral Dadhania signe la note au retour d’une rencontre d’investisseurs avec le directeur général à Londres. Il y rapporte que Nike se dit confiante dans sa stratégie. L’analyste estime lui aussi que les bonnes décisions sont prises, mais que l’exécution prend plus de temps qu’espéré. [2]

C’est cette lenteur qui pèse sur les marchés. Reuters attribuait déjà la chute du 17 août à l’impatience des investisseurs face au rythme du redressement. [3]

Sur l’exercice clos le 31 mai 2026, Nike a réalisé 46,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le total ressort stable en publié et en baisse de 2 % à change constant. Le groupe impute le recul à la Grande Chine et à la zone EMEA. [4]

Nike Direct perd 6 % sur l’année, dont 12 % sur le digital. Converse tombe à 1,2 milliard de dollars, en baisse de 31 %.

La marge brute du quatrième trimestre bondit de 890 points de base à 49,2 %, dont environ 900 points de base de recouvrement attendu de droits de douane IEEPA. Hors cet élément, la rentabilité du trimestre ne progresse plus.

Dick’s Sporting Goods, qui distribue les produits Nike dans ses magasins et dans ceux de Foot Locker, a abaissé ses prévisions annuelles le 25 août. L’enseigne décrit un marché de la chaussure de sport devenu « increasingly promotional », de plus en plus promotionnel. [5]

Nike : vers une sortie de l’indice ?

Nike est la composante la moins chère du Dow Jones. L’action cote sous les 40 dollars, quand Goldman Sachs, la plus chère de l’indice, dépasse 1 050 dollars.

Le Dow Jones est pondéré par les cours, et non par la taille des entreprises. Une valeur à 40 dollars y pèse donc une fraction de ce que pèse une valeur à 1 000 dollars, à variation identique en pourcentage.

En juin 2026, S&P Dow Jones Indices a retiré Verizon de l’indice, au profit d’Alphabet, pour ce motif exact. Le communiqué indique que Verizon ne représentait qu’« un demi-point de pourcentage » de l’indice « en raison de son cours plus bas ». Il ajoute que « les valeurs durablement peu chères ont un impact immatériel sur l’indice » [6] .

Aucune règle n’impose pour autant le retrait de Nike. La méthodologie des Dow Jones Averages ne comporte ni section consacrée aux sorties, ni seuil, ni critère d’exclusion. [7]

Le document évoque bien un rapport de dix fois entre le cours le plus élevé et le plus bas de l’indice, que le comité déclare surveiller. Cette phrase figure dans le paragraphe consacré à l’admission d’une nouvelle valeur, pas à l’exclusion d’une composante.

Cinq personnes décident : trois représentants de S&P Dow Jones Indices et deux du Wall Street Journal. Leurs délibérations sont confidentielles et le comité se réserve le droit de déroger à sa propre méthodologie.

Aucun calendrier n’encadre ces décisions. Il n’existe « ni reconstitution annuelle ni semestrielle ». Les changements interviennent « à tout moment » et sont annoncés « un à cinq jours » avant leur application.

Le contraste avec le CAC 40 est net. L’indice parisien est révisé chaque trimestre, selon un calendrier connu à l’avance. Un changement dans le Dow Jones peut tomber avec cinq jours de préavis, sans qu’aucun critère publié ne permette de l’anticiper.

Un éventuel remplaçant viendrait du S&P 500, hors transports et services aux collectivités, avec un siège et une constitution aux États-Unis.

Goldman Sachs, NVIDIA ou Walmart, le vrai poids de chaque composante

Les variations des composantes du Dow Jones n’ont pas toutes le même impact sur l’indice. Le poids d’une action dépend de son prix. L’indice fluctue en fonction des dollars gagnés ou perdus par chaque action. Une action chère y pèse donc plus lourd qu’une action bon marché.

Nike représente la plus faible valeur du Dow Jones. Le 25 août, alors que l’action ouvrait sur un gap baissier, l’indice démarrait la séance en hausse. À la clôture, Nike perdait 3,12 % et le Dow gagnait 0,30 %.

Goldman Sachs a fait la différence ce jour-là, avec une hausse de 2,18 %. La valeur la plus chère de l’indice a gagné une vingtaine de dollars quand la moins chère en perdait un peu plus d’un.

Autre exemple, le 20 août (flèche orange), le Dow a perdu 1,32 %, sa pire séance du mois. Vingt-quatre de ses trente composantes ont terminé dans le rouge.

Walmart cotait 114 dollars. Sa chute de 9,15 %, la plus forte de l’indice ce jour-là, lui a coûté une dizaine de dollars.

Goldman Sachs cotait 1 021 dollars. Son recul de 1,93 %, près de cinq fois plus faible en pourcentage, lui en a coûté une vingtaine.

Goldman Sachs a donc pesé près de deux fois plus lourd que Walmart sur l’indice, avec une baisse bien moindre.

NVIDIA, également en baisse ce jour-là, a contribué à la baisse du Dow Jones, mais dans une moindre mesure. En effet, l’une des plus grosses capitalisations mondiales n’est que la dix-neuvième valeur du Dow Jones. On remarque que les deux jours suivants, le Dow Jones s’est redressé, à l’image de Goldman Sachs, alors que NVIDIA poursuivait sa chute.

Le cours des composantes n’est pas le seul facteur qui fait bouger l’indice.

Variations du Dow Jones : les facteurs à surveiller

Trois rendez-vous sont susceptibles d’influer sur les variations du Dow Jones. L’indice des prix PCE de juillet paraît ce 26 août à 14h30, heure de Paris, avec un consensus autour de 3,6 % sur un an. Nvidia publie ses résultats après la clôture américaine, pour un chiffre d’affaires attendu proche de 92 milliards de dollars. Kevin Warsh prononce vendredi son premier discours de président de la Fed au symposium de Jackson Hole.

Chacune de ces échéances porte sur une variable que le marché suit en permanence. L’inflation pour le PCE, la trajectoire des taux pour Jackson Hole, la demande d’infrastructure pour l’intelligence artificielle avec Nvidia.

La politique monétaire agit sur les actions par un canal mesuré depuis longtemps. Bernanke et Kuttner l’ont chiffré dans le Journal of Finance. Entre 1989 et 2002, une baisse non anticipée de 25 points de base du taux directeur s’accompagnait d’une hausse d’environ 1 % des grands indices. Les auteurs attribuent l’essentiel de cette réaction à la prime de risque exigée sur les actions. [8]

Nos plans de trading hebdomadaires sur le Dow Jones suivent ces variables. Celui du 17 août relevait que la hausse des taux américains s’était décorrélée des anticipations de la Fed. Celui du 24 août revenait sur le doublement des rachats et le qualifiait de coup d’épée dans l’eau.

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    Nike et le Dow Jones : à retenir

    Nike perd 3,12 % le 25 août, le Dow Jones gagne 0,30 %. Dans un indice pondéré par les cours, les composantes n’ont pas le même impact. Nike ferme le classement à 39 dollars, loin derrière Goldman Sachs et ses 1 059 dollars.

    Si Nike continuait, de baisser, elle passerait sous le seuil que S&P a invoqué pour sortir Verizon en juin. Mais, pour le moment, aucun changement n’est annoncé.

    Au-delà des variations de chacune de ses composantes, le Dow Jones pourrait être affecté, cette semaine, par différents évènements, comme les annonces de l’inflation PCE et des résultats de NVIDIA ou le discours de Kevin Warsh, vendredi à Jackson Hole.

    Autre rendez-vous à noter : la réunion de la Fed de septembre. Les dates sont dans notre calendrier des réunions du FOMC. Notre guide pour trader les décisions de banques centrales explique ce qui bouge autour de ces annonces.

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    Audrey Croiset
    Investisseur et Auteur

    Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.