L’or bondit de 5 % : le marché voit la Fed lever le pied
Cinq pour cent en une séance. Habituellement, l’or bondit en situation de crise et joue son rôle de valeur refuge. Or, ici, on assiste à un tout autre scénario : un accord entre l’Iran et Oman sur le détroit d’Ormuz a fait reculer le pétrole, donc les anticipations de hausse de taux de la Fed.
L’essentiel
- L’once est passée de 4 072 $ à 4 278 $ le 5 août, soit environ 5 % en une journée.
- Le déclencheur est un accord entre l’Iran et Oman sur un corridor dans le détroit d’Ormuz. Le pétrole a perdu environ 10 % sur la semaine et la probabilité d’une hausse de la Fed en septembre est tombée de 67 % à 57 %.
- Malgré ce rebond, l’or reste près d’un quart sous son plus haut de janvier 2026.
Les statistiques du trading font état de 97% de traders perdants. Le trading exige de comprendre des produits financiers complexes et de supporter des risques élevés, dont des pertes rapides supérieures aux dépôts.
L’or à 4 278 $, à 24 % de son record de janvier
L’once d’or a clôturé à 4 278 $ le 5 août, après avoir ouvert à 4 072 $. Elle gagne environ 5 % en une journée.
Mais le métal doré est loin de son plus haut historique atteint en janvier 2026, à 5 598 $. Il faut préciser que depuis, il est retombé à 3 943 $, soit une perte de près de 30 %.
Depuis ce point bas, l’once a repris 8,5 %. Elle cote encore près de 24 % sous son plus haut de janvier.

Le vrai moteur de la hausse, les anticipations de taux
Tout part du détroit d’Ormuz. L’Iran et Oman se sont entendus sur l’ouverture d’un corridor maritime. Donald Trump a fait état mardi de « très bonnes discussions » entre Washington et Téhéran, cinq mois après le début du conflit. [1]
Le pétrole en a tiré les conséquences dans la journée : environ 10 % de baisse sur la semaine et un Brent repassé sous 80 $ le baril.
Un pétrole moins cher, c’est moins d’inflation en perspective. Et moins d’inflation, c’est moins de hausses de taux.
Le marché a chiffré ce raisonnement dès le 5 août. La probabilité d’une hausse de la Fed en septembre est tombée de 67 % à 57 % en une journée. Le rendement du 10 ans américain a cédé une dizaine de points de base sur la semaine.

L’or, lui, ne verse aucun revenu. Immobiliser 4 278 $ dans une once, c’est renoncer aux 4,6 % annuels que rapporte aujourd’hui une obligation américaine à dix ans. Les financiers appellent cela le coût d’opportunité.
Plus les taux attendus baissent, plus ce coût d’opportunité s’allège et plus l’or retrouve des acheteurs.
Le même jour, Wall Street battait des records. Le S&P 500 a touché 7 793,68 points en séance, un record, avant de clôturer en repli de 0,17 %. [2] Le Dow Jones est monté jusqu’à 54 744,33 points, avant de finir à 54 349,12 points en hausse de 0,49 %, son meilleur niveau de clôture. [3]
Si la peur était à l’origine de la hausse de l’or, Wall Street n’aurait probablement pas inscrit de records le même jour.
Téhéran a pourtant précisé que l’accord ne vaut pas réouverture complète du détroit. Le corridor est prévu pour deux à quatre mois.
Les banquiers centraux, eux, n’ont rien dit qui aille dans le sens du marché. Jeff Schmid, président de la Fed de Kansas City, juge qu’un tour de vis supplémentaire pourrait être nécessaire pour ramener l’inflation à 2 %. En zone euro, une hausse de la BCE reste anticipée d’ici la fin de l’année, une seconde étant créditée d’environ 40 % de probabilité.
Le marché a donc revu ses anticipations à la baisse pendant que les banques centrales évoquaient l’inverse.
Sur cette séance au moins, ce sont les anticipations de taux qui ont fait le prix de l’or, davantage que la géopolitique elle-même. Pour savoir comment le marché réagit à ces annonces, lisez notre guide pour trader les décisions de banques centrales.
Les banques centrales soutiennent toujours la demande
Les banques centrales ont acheté 288,9 tonnes d’or nettes au deuxième trimestre, contre 177,9 tonnes un an plus tôt. C’est un record pour un deuxième trimestre, selon le World Gold Council, qui a publié ces chiffres le 30 juillet. [4]
Le premier semestre reste malgré tout le plus faible depuis 2022, à 345 tonnes. Cette faiblesse vient du premier trimestre, quand la Turquie, la Russie et l’Azerbaïdjan ont décidé de vendre une partie de leur stock. Ces ventes ont fortement ralenti ensuite.
Les banques centrales ont acheté plus de 1 000 tonnes par an de 2022 à 2024, puis 863 tonnes en 2025. Ces volumes restent très au-dessus de la moyenne de 473 tonnes des années 2010 à 2021. [5]

La Pologne est le premier acheteur mondial, avec 51 tonnes sur le trimestre et 632 tonnes de réserves pour une cible affichée de 700 tonnes. La Chine a ajouté 33 tonnes, sa plus forte hausse trimestrielle depuis fin 2023.
Le WGC cite des prix plus bas parmi les facteurs qui ont pu soutenir ces achats du deuxième trimestre.
Dans l’enquête annuelle du WGC, 89 % des banques centrales attendent une hausse des réserves mondiales sur douze mois et 45 % prévoient d’augmenter les leurs, une proportion record.
Comptant, futures, ETF : comment acheter de l’or ?
Pour acheter de l’or, vous avez plusieurs possibilités.
| Support | Ce que vous détenez | Ce que ça coûte à garder |
|---|---|---|
| Or physique | du métal, lingots ou pièces | des frais de garde |
| ETC et ETF | une part d’un produit coté | des frais de gestion annuels |
| Futures, CFD*, gré à gré | une exposition au prix | un financement prélevé chaque jour |
Voici deux courtiers accessibles depuis la France qui vous permettent de vous exposer aux métaux précieux.
Interactive Brokers passe par le gré à gré. Son entité irlandaise, celle qui sert les résidents de l’Union européenne, donne accès à de l’or non alloué, coté en dollars par once et adossé au prix Loco London. Ce n’est pas un produit coté en Bourse : la transaction se fait directement entre le client et le courtier, avec un règlement à deux jours.
Non alloué signifie que vous détenez une créance générale sur un stock de métal conservé par un négociant. Pas des lingots identifiés à votre nom. Le courtier précise qu’une livraison physique suppose de convertir le compte et de payer des frais supplémentaires.
Les commissions démarrent à 1,5 point de base, soit 0,015 %. Le financement des positions vendeuses part du taux de référence en dollars majoré de 1 %. Interactive Brokers rappelle que l’effet de levier peut faire perdre plus que la mise de départ. [6]
Saxo joue la carte des instruments cotés. Le courtier danois donne accès à l’or par CFD, futures, options ou ETC.
Ces deux courtiers sont loin d’être les seuls à proposer des produits adossés à l’or. Notre comparatif des meilleurs courtiers pour trader les matières premières passe les autres en revue.
Or à 4 278 $ : à retenir
Le rallye du 5 août est un pari sur les taux. Le pétrole recule, l’inflation attendue baisse, la Fed paraît moins menaçante.
Mais le scénario peut vite se retourner, parce que l’accord sur Ormuz est temporaire. Téhéran a précisé que le détroit n’était pas rouvert pour autant.
Un baril qui remonte relancerait l’inflation attendue, donc les taux, donc la pression sur l’or.
L’autre risque vient de Washington. Si l’inflation américaine résiste, la Fed montera ses taux. Détenir de l’or coûterait alors de nouveau plus cher.
Prochain rendez-vous : la réunion de la Fed de septembre. Les dates sont dans notre calendrier des réunions du FOMC.
Article sources
Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.
