IPO SpaceX : comment trader la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire ?
La plus grosse introduction en Bourse de l’histoire est en route. SpaceX a lancé son roadshow le 4 juin et vise une première cotation sur le Nasdaq le 12, sous le ticker SPCX. Au programme : 75 milliards de dollars levés, deux fois et demie le record détenu par Aramco depuis 2019.
Comment s’exposer à l’opération depuis la France ? Trois approches, trois logiques, trois profils de risque.
Les statistiques du trading font état de 97% de traders perdants. Le trading exige de comprendre des produits financiers complexes et de supporter des risques élevés, dont des pertes rapides supérieures aux dépôts.
SPCX, les chiffres d’une introduction hors normes
SpaceX a déposé son document d’enregistrement S-1 auprès de la SEC le 20 mai 2026. [1] L’amendement du 3 juin fixe les paramètres de l’opération : 555 555 555 actions de classe A, à un prix attendu de 135,00 dollars l’unité, pour une levée de 75 milliards de dollars.
L’option de surallocation peut porter le total à 638,9 millions d’actions, soit 86,25 milliards de dollars. Net des commissions bancaires et des frais, SpaceX attend 74,4 milliards de dollars, ou 85,7 milliards.
Le prospectus détaille aussi la destination des fonds : expansion de l’infrastructure de calcul dédiée à l’IA, améliorations des infrastructures et véhicules de lancement, montée en capacité des constellations de satellites, et besoins généraux de l’entreprise.
À ce prix, la valorisation implicite ressort autour de 1 750 milliards de dollars.
Deux records sont en jeu.
- La levée atteindrait 2,5 fois le record détenu depuis 2019 par Saudi Aramco, qui avait collecté 29,4 milliards de dollars, surallocation comprise. [2]
- La valorisation dépasserait aussi celle d’Aramco lors de sa cotation, environ 1 700 milliards de dollars.
Le calendrier annoncé est serré : roadshow lancé le 4 juin, fixation du prix le 11 juin, premiers échanges attendus le 12 juin sur le Nasdaq, sous le ticker SPCX.
Un point à garder en tête : cette date n’est pas contractuelle. Le prospectus laisse la date de livraison des titres en blanc, et l’enregistrement ne devient effectif que sur décision de la SEC. Un report reste possible jusqu’au dernier moment.
Concernant l’offre aux particuliers, le directeur financier Bret Johnsen annonce une part retail « plus importante que pour n’importe quelle IPO de l’histoire », jusqu’à 30 % de l’opération selon Reuters, là où les introductions classiques en réservent 5 à 10 %. [3] Ce chiffre ne figure pas dans le prospectus : c’est une déclaration d’intention.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Ticker | SPCX (Nasdaq et Nasdaq Texas) |
| Actions offertes | 555 555 555 actions de classe A |
| Prix attendu | 135,00 $ par action |
| Levée visée | 75 Mds $ (jusqu’à 86,25 Mds $ avec surallocation) |
| Valorisation implicite | ≈ 1 750 Mds $ |
| Calendrier annoncé | fixation du prix le 11 juin, cotation attendue le 12 juin 2026 |
| Syndicat | 10 teneurs de livre, Goldman Sachs et Morgan Stanley en tête |
Pré-IPO chez IG : parier sur la valorisation de SpaceX
Commençons par tordre le cou au malentendu : sur le marché pré-IPO d’IG, on n’achète pas d’actions SpaceX, ni d’allocation à l’introduction ou de conversion en titres après.
Le produit est un CFD*, coté sous le ticker .SPACEX. [4]
Ce CFD porte sur la capitalisation boursière attendue de SpaceX en milliards de dollars. Au 5 juin, le marché affichait environ 2 140. Ainsi, à cette date, les clients d’IG s’échangent l’idée que SpaceX vaudra quelque 2 140 milliards de dollars au moment de l’IPO. Soit environ 22 % au-dessus de la valorisation d’introduction calculée sur le prix de 135 $.

Cet écart fait tout l’intérêt du produit. Le trader qui pense que l’engouement entraînera la capitalisation encore plus haut prend une position longue. Celui qui flaire la déception passe short.
Deux clauses méritent votre attention.
- La position encore ouverte au premier jour de cotation est réglée en espèces, sur la capitalisation officielle constatée à la clôture de cette séance.
- Sans introduction en Bourse d’ici le 31 décembre 2027, toutes les positions ouvertes sont annulées.
La fiche précise au passage que la capitalisation retenue inclut xAI, fusionnée avec SpaceX.
Le sentiment de marché est tranché : au 5 juin, plus de huit clients IG sur dix étaient positionnés à la hausse.
* « Les options et les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l’effet de levier. 71 % des comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent lorsqu’ils investissent sur les CFD avec IG. Vous devez vous assurer que vous comprenez le fonctionnement des CFD et que vous pouvez vous permettre de prendre le risque élevé de perdre votre argent. »
Frais, plateformes, produits : lisez notre avis IG.
Participer à l’IPO avec Trade Republic ou Saxo
Le prospectus prévoit une tranche publique européenne dans sept pays : Allemagne, Danemark, France, Pays-Bas, Norvège, Espagne et Suède. Elle reste suspendue à l’approbation du prospectus européen par le régulateur allemand, la BaFin. [10]
Les particuliers français devraient donc pouvoir souscrire au prix d’introduction.
Deux courtiers actifs en France ont confirmé leur rôle au moment de la rédaction de cet article : Trade Republic et Saxo.
- Trade Republic se présente en « partenaire de distribution » pour les particuliers, dans un email envoyé à ses clients et relayé par la presse financière allemande. [5]
- Saxo a, de son côté, ouvert la souscription sur une page dédiée à l’opération, où un bouton « Participer dès maintenant » invite ses clients à passer un ordre. [8] Le courtier plafonne les ordres à 162 dollars par action : c’est le prix maximal que vous acceptez de payer, le prix final de l’IPO, attendu à 135 dollars, n’étant arrêté que le 11 juin.
DEGIRO, souvent cité dans la presse, indique au contraire sur sa page d’aide ne pas pouvoir faciliter la participation à l’IPO d’une société américaine. [6]
Que gagne-t-on à souscrire à l’IPO plutôt qu’à acheter des actions le 12 juin ? Le prix d’introduction, attendu à 135 dollars mais fixé seulement le 11 juin, et la certitude d’échapper à l’emballement éventuel du début de cotation.
Cependant, l’allocation n’est pas assurée : si la demande explose, les ordres peuvent être réduits, voire non servis, selon les règles d’allocation de l’opération. Et entre la clôture de la souscription et les premiers échanges, impossible de revendre : les actions ne cotent pas encore.
Depuis le 6 juin 2026, Trade Republic a officiellement ouvert la souscription aux IPO : l’attribution se fait au prix d’offre officiel, au prorata du volume souscrit, pour 1 € de frais de règlement par ordre. Les modalités propres à chaque opération (date limite, montant minimal, annulation d’un ordre) restent à vérifier dans l’application avant de vous engager.
Notre avis Trade Republic et notre avis Saxo passent les deux courtiers en revue, de leurs frais à leur gamme de produits.
Acheter SPCX à la cotation, la voie classique
À partir du premier jour de cotation, l’action SPCX devient accessible chez tout courtier donnant accès aux actions américaines, tel qu’Interactive Brokers, Saxo, eToro, XTB ou DEGIRO.
Petite précision pour le jour J. Une IPO ne démarre pas à l’ouverture officielle de la séance américaine, à 15 h 30 heure de Paris. Le Nasdaq organise d’abord une enchère dédiée, l’IPO Cross, pour établir le premier prix. [7] Le premier échange peut n’intervenir qu’une heure ou plus après l’ouverture. Un ordre au marché placé à l’aveugle avant ce premier prix s’exécutera au niveau fixé par l’enchère, quel qu’il soit.
Le document d’enregistrement déposé à la SEC insiste sur les risques de volatilité. SpaceX y signale qu’une forte proportion de particuliers au capital peut amplifier les variations du titre après l’introduction, et que le cours pourra refléter cet engouement plus que la performance opérationnelle réelle.
Acheter à l’ouverture revient à payer le prix que l’enthousiasme collectif aura fixé. Rien ne vous oblige à vous précipiter : l’action cotera encore le lundi suivant, et les mois d’après.
D’un point de vue fiscal, SPCX est une action américaine, donc inéligible au PEA : il faudra la loger dans un compte-titres ordinaire.
Pour comparer les courtiers actions, notre avis Interactive Brokers ou notre avis DEGIRO détaillent les conditions de chacun.
Comment trader l’IPO de SpaceX : le tableau récap
| Marché pré-IPO (CFD) | Souscription à l’IPO | Achat à la cotation | |
|---|---|---|---|
| Ce que vous détenez | Une position sur la capitalisation attendue | Des actions SPCX au prix d’introduction | Des actions SPCX au prix de marché |
| Disponible | Dès maintenant | Jusqu’à la fixation du prix | Dès les premiers échanges |
| Prix d’entrée | Niveau du marché pré-IPO au moment de l’ouverture de la position | 135 $ par action | Prix d’ouverture, inconnu à l’avance |
| Risque principal | Effet de levier et règlement sur la capitalisation réelle du premier jour | Allocation non garantie, repli possible après la cotation | Volatilité du premier jour |
| Plateformes | IG | Trade Republic, Saxo | Tout courtier avec accès au Nasdaq |
Une valorisation difficile à calculer
Morningstar évalue SpaceX à 780 milliards de dollars, assortis d’une incertitude jugée « très élevée ». [9] L’introduction en Bourse prévoit une valorisation de 1 750 milliards de dollars. Et le marché pré-IPO d’IG parie sur un chiffre de 2 140 milliards de dollars au 5 juin.
Du simple au triple, pour la même entreprise.

Les comptes publiés dans le prospectus nourrissent le scepticisme. SpaceX a perdu 4,9 milliards de dollars en 2025, après une année 2024 bénéficiaire, et 4,3 milliards sur le seul premier trimestre 2026.
Une seule activité gagne de l’argent : Starlink, avec 11,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires (61 % du total) et 4,4 milliards de résultat opérationnel, porté par 10,3 millions d’abonnés, un nombre multiplié par deux en un an. Les autres segments ont enregistré 7 milliards de pertes opérationnelles sur l’année, dont 6,4 milliards pour la seule activité IA.

La table de dilution du prospectus ajoute une information significative. Les actionnaires existants ont payé leurs titres 6,48 dollars en moyenne. Les nouveaux entrants paieront 135 dollars, soit vingt fois plus.
La destination des 75 milliards levés mérite aussi une lecture attentive : l’infrastructure de calcul pour l’IA arrive en tête de liste, avant les fusées et les satellites. Depuis l’intégration de xAI, acheter du SPCX ne revient plus à acheter seulement une entreprise spatiale. C’est aussi prendre un pari sur l’intelligence artificielle, le segment le plus déficitaire du groupe.
Les informations sur la gouvernance sont également à prendre en considération. Après l’opération, Elon Musk devrait conserver environ 82 % des droits de vote. Les nouveaux actionnaires n’auront, en pratique, pas voix au chapitre.
Trader l’IPO de SpaceX : à retenir
La plus grosse introduction de l’histoire risque d’attirer les ordres des particuliers. Et quand 86% des positions du marché gris penchent en faveur d’une hausse, difficile de résister à l’envie de suivre le mouvement. C’est la manière la plus sûre de transformer un événement de marché en mauvaise expérience.
Personne ne sait ce que vaut vraiment SpaceX. Morningstar évoque 780 milliards de dollars, l’introduction prévoit 1 750 et le marché pré-IPO d’IG cote 2 140. Sur une fourchette aussi large, la taille de la position pèse plus lourd que la conviction.
Reste à choisir votre approche, et c’est une affaire de profil, d’expérience et de stratégie.
- Le pré-IPO d’IG parle au trader actif, à l’aise avec les CFD.
- La souscription via Trade Republic ou Saxo s’adresse à l’investisseur convaincu par le dossier, prêt à composer avec une allocation incertaine.
- L’achat en Bourse reste la solution la plus simple, et rien n’impose le premier jour : Morningstar rappelle que les déblocages d’actions des prochains mois pourraient ménager de meilleurs points d’entrée que l’introduction elle-même.
Et si l’IPO du siècle devient l’occasion d’ouvrir un premier compte de courtage, notre comparatif des meilleurs brokers passe en revue les courtiers cités dans cet article.
Article sources
Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.
