SpaceX rejoint le Nasdaq-100 : et si vous en déteniez déjà ?

Écrit par Audrey Croiset
Othmane Bennis
Édité parOthmane Bennis
Publié le 8 juillet 2026

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Vous détenez peut-être déjà une part de SpaceX, sans le savoir. Depuis le 7 juillet, la société d’Elon Musk fait partie du Nasdaq-100, l’un des indices les plus répliqués au monde. Pour rester fidèles à cet indice, les gérants de tous les fonds qui le suivent ont dû acheter la valeur.

Si vous détenez un ETF Nasdaq-100, vous en possédez donc désormais une fraction, sans l’avoir choisie. Beaucoup voient dans cette entrée un signal d’achat. Est-ce le cas ? Rien n’est moins sûr.

L’essentiel

Depuis le 7 juillet, SpaceX fait partie du Nasdaq-100, ce qui a forcé les fonds répliquant l’indice à l’acheter, à hauteur de 4,3 milliards de dollars.

Si vous détenez un ETF Nasdaq-100, vous possédez déjà une part de SpaceX, environ 1,34 % du panier.

L’admission dans un indice n’est pas un signal d’achat : le jour même, l’action a reculé de près de 7 % et l’effet d’une entrée en indice sur les cours a quasi disparu depuis les années 1990.

Avertissement

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Une entrée à marche forcée dans l’indice

SpaceX a rejoint le Nasdaq-100 le 7 juillet, avant l’ouverture. Le Nasdaq l’avait annoncé le 26 juin. [1]

L’entrée est ultra-rapide, quinze séances seulement après l’introduction en Bourse du 12 juin, grâce à une règle entrée en vigueur le 1er mai. Une nouvelle cotation dont la capitalisation figure dans le top 40 de l’indice peut désormais l’intégrer aussi vite, contre trois mois et un flottant de 10 % auparavant. [3] SpaceX est le premier dossier à en profiter.

Tout ETF qui réplique physiquement le Nasdaq-100 doit détenir ses composants au poids de l’indice. L’admission au Nasdaq-100 oblige donc les fonds indiciels à acheter SpaceX. JPMorgan chiffre cet achat forcé à environ 4,3 milliards de dollars. [2]

Le Nasdaq-100 sert de référence à plus de 200 produits, pour plus de 800 milliards de dollars d’encours. Tous ont dû faire une place au nouveau venu.

SpaceX pèse pourtant peu dans l’indice. Le Nasdaq-100 pondère chaque valeur à son flottant, or l’entreprise n’a mis que 4 à 5 % de ses actions sur le marché. Sa pondération ressort ainsi autour de 1,3 % : l’ETF iShares Nasdaq-100 UCITS l’affiche à 1,34 %. [4] À titre de comparaison, Nvidia et Apple dépassent chacun 7 % de l’indice. [5]

Ce que ça change si vous détenez un ETF Nasdaq-100

Conséquence directe pour vous : si vous détenez un ETF Nasdaq-100, vous possédez désormais une part de SpaceX, sans l’avoir choisie.

Le poids est réel mais mesuré. À 1,34 % de l’indice, 10 000 € placés sur un ETF Nasdaq-100 représentent environ 134 € de SpaceX. C’est peu, mais c’est automatique : l’admission fait entrer la valeur dans le panier de tous les trackers de l’indice, dont les UCITS accessibles en Europe comme l’iShares ou l’Amundi Nasdaq-100.

Il existe donc deux façons de viser SpaceX depuis la France.

  • La première est passive : l’ETF Nasdaq-100. Vous n’achetez pas SpaceX, mais l’indice dont il fait partie. Certains courtiers le proposent sans commission, comme XTB ou IG.
  • La seconde est directe : vous tradez l’action SPCX, pour cibler la valeur plutôt que le panier. Elle se traite comme n’importe quelle autre action américaine.

Action SpaceX ou ETF Nasdaq-100 : que choisir ?

Face à un titre aussi volatil, beaucoup préfèrent passer par un ETF pour diluer le risque. Le raisonnement se tient en partie seulement.

À 1,34 %, l’ETF ne vous expose quasiment pas à SpaceX. Si votre but est SpaceX, le tracker vous en donne 134 € pour 10 000 € investis : vous achetez surtout les 99 autres valeurs. Diluer le risque revient ici à noyer SpaceX dans la masse.

Et cette diversification a elle-même des limites. Le Nasdaq-100 est concentré : Nvidia et Apple pèsent chacun plus de 7 % et le top 5 représente plus de 30 % de l’indice. Via l’ETF, vous diluez le risque SpaceX mais vous vous exposez surtout aux méga-caps de la tech.

Acheter l’action en direct revient à tout miser sur une seule valeur. Et celle-ci cumule les facteurs de risque : flottant réduit, valorisation élevée, cotation toute récente juste après une IPO très suivie et une entrée dans l’indice.

Or l’histoire invite à la prudence : une étude de référence, de Robin Greenwood et Marco Sammon, montre que le « bond » de cours à l’entrée dans le S&P 500 est passé de 7,4 % dans les années 1990 à 0,3 % sur la dernière décennie. [6] Ces mouvements de l’indice sont désormais annoncés à l’avance et anticipés par le marché, si bien que la demande des fonds indiciels est déjà absorbée quand l’entrée devient officielle. Pour SpaceX, l’essentiel des achats était bouclé avant le 7 juillet.

D’ailleurs, malgré les 4,3 milliards d’achats forcés, l’action SpaceX a cédé près de 7 % le 7 juillet, bien plus que le Nasdaq-100, lui aussi dans le rouge ce jour-là sur fond de décrochage des semi-conducteurs. [7]

Le vrai critère de décision n’est donc pas « action ou ETF », mais votre objectif. Pour une exposition large à la tech américaine, l’ETF suffit. Pour cibler SpaceX en particulier, il faut passer par l’action, avec une position modeste et en acceptant sa volatilité. Dans les deux cas, son entrée dans l’indice n’est pas une raison suffisante pour acheter.

SpaceX au Nasdaq-100 : à retenir

Une entrée dans un indice n’est pas un signal d’achat. Elle ne rend le titre ni plus solide ni moins cher : elle range mécaniquement la valeur dans un panier, sans toucher à ses fondamentaux. La séance du 7 juillet l’a rappelé, l’action a reculé malgré les milliards de dollars d’achats forcés.

Si SpaceX vous intéresse pour ses fondamentaux, son potentiel de croissance ou ses perspectives de cours à court terme, libre à vous de vous positionner au moment que vous jugerez opportun. Mais ne cédez ni au FOMO (la peur de rater une occasion), ni aux corrélations trop simplistes.

Reste alors une question concrète : avec quel courtier trader. Notre comparatif des meilleurs courtiers et nos avis détaillent les tarifs et les places couvertes.

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Audrey Croiset
Investisseur et Auteur

Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.