Le CAC 40 décroche en août : les banques et le BTP en première ligne

Écrit par Audrey Croiset
Othmane Bennis
Édité parOthmane Bennis
Publié le 1 septembre 2026

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−2,06 %. C’est la performance du CAC 40 en août, dernier des quatorze indices européens mesurés. Sur la même période, le DAX a gagné 2,45 %.

L’essentiel

  • Le CAC 40 a reculé huit séances de suite du 11 au 20 août. Le mois se solde par son premier recul mensuel depuis mars, derrière Milan et Madrid.
  • Sur les quarante valeurs de l’indice, près de deux tiers terminent le mois en baisse. La construction perd 9,09 % en moyenne et les banques françaises 7,28 %, alors que les banques allemandes gagnent 8,48 %.
  • Fitch a maintenu la note de la France à A+ le 28 août, tout en relevant sa prévision de déficit à 5,5 % du PIB pour 2027. L’agence ne s’attend pas à une amélioration compte tenu du calendrier politique.
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Le CAC 40 derrière Milan et Madrid

Le CAC 40 a clôturé le mois d’août à 8 334,50 points, contre 8 509,64 fin juillet. L’indice parisien perd 2,06 % sur la période, sa première performance mensuelle négative depuis mars.

Sur quatorze indices nationaux européens, trois seulement terminent le mois en baisse. Le FTSE 100 britannique cède 0,70 % et le SMI suisse 0,42 %. Le CAC 40 fait figure de mauvais élève, notamment face au DAX allemand.

Paris termine derrière Milan et Madrid. Le FTSE MIB gagne 0,84 % sur le mois et l’IBEX 35, 0,97 %. L’écart avec Francfort atteint 4,51 points de pourcentage sur le seul mois d’août, le DAX ayant gagné 2,45 % pendant que le CAC 40 en perdait 2,06.

La baisse s’est concentrée sur deux séquences. Du 11 au 20 août, l’indice a reculé pendant huit séances consécutives. Le 27 août, il a lâché 1,68 % pour clôturer à 8 319,87 points, sa plus forte baisse en une séance depuis le 8 juillet.

Le plus haut de clôture du mois remonte au 10 août, à 8 726,03 points.

Banques et BTP, les deux secteurs qui décrochent

Sur les quarante valeurs de l’indice, près de deux tiers terminent le mois d’août en baisse.

SecteurAoût 2026
Construction et concessions−9,09 %
Télécoms−8,30 %
Banques−7,28 %
Immobilier−6,02 %
Agroalimentaire−5,72 %
Énergie et services aux collectivités−5,54 %
Assurance−2,96 %
Luxe−2,35 %
Distribution−1,91 %
Automobile+0,53 %
Aéronautique et défense+0,55 %
Matériaux+2,25 %
Santé+2,75 %
Industrie+3,31 %
Services+3,58 %
Consommation et tourisme+4,08 %
Technologie+5,62 %

La construction et les concessions forment le secteur le plus touché, à 9,09 % de baisse moyenne. Eiffage perd 10,99 %, Bouygues 9,60 % et Vinci 6,69 %.

Les banques suivent, à 7,28 % en moyenne. Société Générale cède 11,02 %, BNP Paribas 6,47 % et Crédit Agricole 4,33 %.

Trois valeurs isolées reculent dans les mêmes proportions. Engie perd 9,63 %, Orange 8,30 % et Unibail-Rodamco 6,02 %.

En face, Dassault Systèmes gagne 15,16 %, Publicis 9,75 %, Renault 7,96 % et Capgemini 6,78 %.

Le secteur du luxe perd 2,35 % en moyenne, mais Kering cède 10,56 % quand Hermès gagne 4,34 %. Près de quinze points séparent les deux maisons.

Seize points d’écart entre les banques de Paris et de Francfort

Les banques, les télécoms, la construction et l’immobilier figurent dans les deux indices, mais ces différents secteurs ne se sont pas comportés de la même façon de part et d’autre du Rhin.

Deutsche Bank gagne 9,51 % et Commerzbank 7,46 %, quand Société Générale cède 11,02 %, BNP Paribas 6,47 % et Crédit Agricole 4,33 %. Seize points séparent les banques des deux pays sur un mois. Même continent, même banque centrale, même hausse de taux anticipée.

Les banques des deux pays dépendent du même taux directeur. Une hausse anticipée de la BCE n’explique donc pas à elle seule ces mouvements contraires.

Dans les télécoms, Deutsche Telekom gagne 6,58 % quand Orange perd 8,30 %.

Les deux indices se retrouvent au niveau de l’immobilier : Vonovia perd 5,61 % à Francfort et Unibail-Rodamco 6,02 % à Paris, soit 0,4 point d’écart.

Fitch relève ses prévisions de déficit et cite 2027

Fitch a maintenu la note souveraine française à A+, perspective stable, dans sa revue publiée le 28 août. [1] L’agence a dans le même temps relevé ses prévisions de déficit. Elle attend 5,2 % du PIB en 2026, 5,5 % en 2027 et 5,2 % en 2028, contre 5,1 % réalisés en 2025. La dette publique atteindrait 122,7 % du PIB en 2028, contre 115,7 % en 2025.

La fragmentation politique persistante « réduit la capacité des autorités à mener un ajustement budgétaire durable », écrit l’agence. Elle n’attend « aucune amélioration du déficit primaire en 2027 compte tenu de l’élection à venir ».

Le 27 août, veille de cette publication, le CAC 40 a perdu 1,68 % et les trois banques de l’indice ont reculé de 3 à 4 %. Fitch n’a finalement pas dégradé la note.

Le TEC 10 est passé de 3,91 % le 3 août à 4,11 % le 31 août, son plus haut du mois. [2] Cet indice de rendement des emprunts d’État français est publié par l’Agence France Trésor. Le Bund allemand à dix ans a gagné 16 points de base sur la même période, à 3,37 %. [3]

La réforme constitutionnelle allemande de mars 2025 a sorti du frein à la dette les dépenses de défense supérieures à 1 % du PIB. Elle a aussi créé un fonds de 500 milliards d’euros sur douze ans pour les infrastructures et le climat. L’endettement fédéral passe de 51 milliards en 2024 à 182 milliards en 2026. [4] La dette publique allemande représentait 64,4 % du PIB au premier trimestre 2026, contre 117,6 % pour la France. [5]

Le CAC 40 cristallise les inquiétudes et les valeurs liées à l’État français subissent de plein fouet les anticipations du marché comme la hausse des taux de la BCE, les difficultés à établir un budget ou une éventuelle instabilité politique en 2027. L’Allemagne apparaît comme un candidat plus stable, et son indice est tiré par des valeurs technologiques comme SAP qui progresse de plus de 20 % en août.

Futures, options, turbos et ETF, les accès au CAC 40

Plusieurs familles d’instruments permettent de s’exposer au CAC 40, à la hausse comme à la baisse.

InstrumentCe que vous achetezCe que ça coûte à garder
Future FCEun engagement de 10 € par point d’indiceun dépôt de garantie immobilisé et un roulement à chaque échéance
Option PXAun droit d’acheter ou de vendre l’indicela valeur temps, qui s’érode jusqu’à l’échéance
Turbo, warrant, certificatun produit émis par une banquedes frais de financement intégrés au prix
CFD*une exposition au prixun financement prélevé chaque jour
ETFune part d’un fonds cotédes frais de gestion annuels
*Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l’effet de levier. Assurez-vous de bien comprendre leur fonctionnement avant d’investir.

Le contrat à terme se négocie sur Euronext sous le code FCE et vaut 10 € par point d’indice. [6] Son carnet d’ordres reste ouvert de 8h à 22h, bien au-delà de la séance d’Euronext Paris.

Les options sur indice cotent sous le code PXA, avec la même valeur de 10 € par point. Elles se règlent en espèces et ne s’exercent qu’à l’échéance, le dernier jour ouvré précédant le troisième vendredi du mois.

Les turbos, warrants et certificats sont émis par des établissements financiers. L’AMF précise qu’ils « ne sont pas cotés selon l’offre et la demande mais par un teneur de marché ». Celui-ci encadre les cours et alimente le carnet d’ordres selon des règles fixées par Euronext. [7] Le prix d’un turbo est donc fait par son émetteur, pas par la confrontation des acheteurs et des vendeurs.

Un turbo porte en plus une barrière désactivante. Si le cours de l’indice l’atteint, le produit est radié de la cotation et ne peut plus être échangé. Un turbo classique perd alors toute valeur.

Les courtiers accessibles depuis la France ne couvrent pas tous ces cinq familles. Certains s’arrêtent aux CFD et aux ETF, quand d’autres ouvrent le marché à terme d’Euronext, les options listées et les turbos. Notre comparatif des meilleurs courtiers en Bourse détaille ces périmètres.

CAC 40 : à retenir

Le CAC 40 a perdu 2,06 % en août. La baisse s’est concentrée sur les valeurs liées à l’État français, la construction, les banques et les télécoms.

Fitch a maintenu la note à A+ et la perspective stable le 28 août. La dégradation redoutée pendant le mois n’a donc pas eu lieu, mais l’agence a posé ses conditions. Une absence de progrès substantiel sur la réduction du déficit, « du fait par exemple d’une fragmentation politique persistante », pourrait conduire à une révision de la perspective en négative. Une nouvelle hausse marquée de la dette publique « pourrait ensuite conduire à une dégradation ».

Les deux autres grandes agences se prononceront à leur tour cet automne. Prochain rendez-vous le 23 octobre avec Moody’s, puis le 27 novembre avec S&P.

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Audrey Croiset
Investisseur et Auteur

Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.