Or, pétrole, Bitcoin : une baisse corrélée ?
Trois marchés et trois plus bas la même semaine. L’or est repassé sous 4 000 $, le Bitcoin sous 60 000 $, et le pétrole est tombé à son plus bas depuis le début de la guerre avec l’Iran. De quoi conclure, un peu vite, que tous les actifs baissent de concert.
Sauf qu’une valeur refuge, une matière première et un actif spéculatif ne reculent presque jamais pour les mêmes raisons. Derrière ces chutes simultanées, trois histoires distinctes : une détente géopolitique, un dollar fort et un cycle qui n’appartient qu’au Bitcoin. Explications.
Les statistiques du trading font état de 97% de traders perdants. Le trading exige de comprendre des produits financiers complexes et de supporter des risques élevés, dont des pertes rapides supérieures aux dépôts.
Trois planchers enfoncés la même semaine
Le pétrole a signé la baisse la plus brutale. Le Brent a clôturé à 71,99 $ le vendredi 26 juin, en recul de plus de 4 % sur une séance et de plus de 10 % sur la semaine. Le WTI américain est tombé à 69,23 $, sous la barre des 70 $, pour la première fois depuis le 27 février, veille du déclenchement de la guerre avec l’Iran [1] .

L’or a aussi cédé du terrain le 24 juin en repassant sous les 4 000 $ l’once. Il n’était plus descendu sous ce seuil depuis novembre 2025. Dans la séance, le métal a touché un plus bas autour de 3 960 $, en baisse de 3,8 %. Le sommet record de 5 598 $ atteint le 29 janvier 2026 est déjà loin.
Enfin, le Bitcoin s’échangeait autour de 59 765 $ le 29 juin, sous les 60 000 $. Depuis le 1er janvier, il abandonne plus de 30 %.
La tendance baissière de ces trois marchés ne partage pas le même point de départ. Le pétrole a plongé en quelques jours, l’or glisse depuis son sommet de janvier et le Bitcoin recule depuis octobre 2025. Cette semaine, ils ont seulement enfoncé en même temps des planchers tenus depuis des mois.
Un marché en mode « risk-off » ?
Trois actifs en net recul la même semaine et une idée semble s’imposer : les marchés passeraient en mode « risk-off ». Autrement dit, les traders prudents prennent leurs gains. Ils vendent tout, et l’or, le pétrole et le Bitcoin baissent ensemble.
L’idée est tentante et certainement vraie en partie. Pourtant, elle est également trompeuse. Une valeur refuge, une matière première et un actif spéculatif n’obéissent presque jamais aux mêmes règles.
Ces valeurs ont amorcé une tendance baissière pour des raisons propres à chacune.

Le pétrole : la détente géopolitique
Le pétrole baisse à cause du contexte géopolitique, mais pas seulement.
Repartons du 28 février 2026. Ce jour-là, les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran déclenchent la guerre. En représailles, Téhéran ferme le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial. Le trafic s’effondre, jusqu’à 95 % de navires pétroliers en moins, et le baril flambe face à la peur d’une rupture d’approvisionnement [2] .
La détente fait le chemin inverse. Le 17 juin, un accord est signé et l’Iran s’engage à laisser passer les tankers sans frais pendant soixante jours. Le 18 juin, les États-Unis lèvent leur blocus des ports iraniens. Le retour à la normale n’est pas attendu avant 2027, mais le marché réagit à la désescalade. La peur reflue et le Brent perd plus de 10 % sur la semaine.
Un second facteur s’ajoute, du côté de l’offre. L’OPEP+ a relevé sa production de 188 000 barils par jour en juin, après 206 000 en mai. La hausse reste modeste face au choc d’Ormuz, mais elle favorise la baisse des cours.
L’or : un repli monétaire commencé avant la guerre
Pour l’or, c’est une autre histoire qui commence plus tôt. Le métal doré atteint son niveau record le 29 janvier 2026, à 5 598 $, puis amorce une phase de déclin. Soit un mois avant la guerre. Difficile, donc, de mettre sa baisse sur le compte de la détente iranienne.
Jusque-là, l’or a été porté par les achats massifs des banques centrales depuis 2022, doublés d’un dollar plus faible et d’une demande de valeur refuge. Mais cette dynamique s’est essoufflée [3] .
Depuis janvier, c’est la politique monétaire qui mène la danse. Un dollar plus fort et des taux réels élevés pèsent sur un métal qui ne verse aucun rendement. Morgan Stanley le dit sans détour, la sensibilité aux taux est devenue le moteur dominant, devant le rôle de valeur refuge [4] . C’est cette mécanique, et non pas Ormuz, qui a fait faire le yoyo à l’or jusque sous les 4 000 $.
Le Bitcoin : son propre cycle
Le Bitcoin, lui, ne doit rien à Ormuz ni aux banques centrales. Il baisse depuis plusieurs mois.
Son sommet, il l’a touché le 6 octobre 2025, à 126 296 $. Depuis, il glisse. La chute sous les 60 000 $ est une étape de plus au sein d’une tendance baissière bien ancrée.
Deux facteurs expliquent le déclin de l’actif numérique.
- Le premier correspond au cycle naturel du bitcoin, rythmé par le halving. Tous les quatre ans environ, la création de nouveaux bitcoins est divisée par deux. Le dernier halving date d’avril 2024. Historiquement, le cours culmine entre 480 et 550 jours après, puis entre en repli. Le pic du 6 octobre 2025 tombe à 535 jours du halving, pile dans cette fenêtre. La baisse de 2026 suit le scénario du cycle, qui situe plutôt le creux vers la fin de l’année.

- Le second facteur, plus récent, concerne les sorties des ETF Bitcoin américains. En juin, ces fonds ont enregistré 4,4 milliards de dollars de retraits nets. Une partie de cet argent est allouée aux valeurs technologiques [5] . Cette fuite vers d’autres marchés pèse mécaniquement sur le cours.
Comment suivre le cours de l’or, du Bitcoin et du pétrole ?
Suivre un marché représente une étape essentielle dans toute stratégie de trading. Elle permet de repérer la tendance et les niveaux clés, mais elle est aussi l’occasion de comprendre les mécanismes à l’œuvre sur les différentes places boursières.
Cette phase n’est en aucun cas optionnelle. Certains marchés peuvent baisser de concert sans être pour autant corrélés. Si vous vous positionnez sur le pétrole en croyant jouer le même mouvement que l’or, vous faites fausse route. C’est pourquoi il est important d’apprendre à identifier la tendance et les liens de causalité avant de risquer le moindre euro.
On ne trade que ce qu’on maîtrise vraiment.
Pour suivre une tendance, l’outil de référence reste le graphique. ProRealTime couvre ces trois marchés. Le cours de l’or au comptant et celui du Bitcoin en dollar sont gratuits et en temps réel ; le Brent et le WTI passent, eux, par leurs contrats à terme, gratuits en données différées de dix minutes.
Le module ProRealTrend trace automatiquement les lignes de tendance, les supports et les résistances, et peut scanner le marché à la recherche de niveaux clés. Pour affiner la lecture, l’indicateur maison PRT Bands repère les configurations haussières et baissières du cours. L’exécution passe ensuite par ses courtiers partenaires, Interactive Brokers, Saxo ou IG.

Or, pétrole, Bitcoin : à retenir
Or, Bitcoin et pétrole, trois actifs emblématiques et un même constat : une baisse très nette de leur cours. Mais cette coïncidence de calendrier ne doit pas masquer les facteurs propres à chacune de ces valeurs.
- Le pétrole reflue parce que la peur d’une rupture d’approvisionnement s’éloigne.
- L’or paie un dollar fort et des taux élevés, dans un mouvement entamé dès janvier.
- Le Bitcoin déroule son cycle, accéléré par la fuite des ETF.
Une bonne lecture et une bonne interprétation de la tendance sont essentielles à la mise en œuvre réussie de toute stratégie de trading.
Pour garder un œil sur les marchés et choisir les bons outils, consultez notre comparatif des meilleures plateformes de trading.
Article sources
Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.
