Swing trading : définition, stratégies et exemples
Le swing trading consiste à acheter et vendre des produits financiers sur un horizon de temps de quelques jours à quelques semaines. Ce style de trading de moyen terme cherche à exploiter les mouvements de tendance et de contre-tendance du marché à la hausse comme à la baisse.
Le swing trader s’efforce d’accompagner les oscillations du marché dans le but de gagner de l’argent. Il utilise pour cela différentes méthodes d’analyses afin de déterminer les meilleurs points d’entrée et de sortie de position.
Que vous préfériez trader les retracements, surfer sur le momentum, jouer les cassures ou vous appuyer sur des indicateurs classiques comme les moyennes mobiles et les figures en chandeliers, ces stratégies vous aideront à structurer votre approche du swing trading.
Entrons dans le vif du sujet.
Les statistiques du trading font état de 97% de traders perdants. Le trading exige de comprendre des produits financiers complexes et de supporter des risques élevés, dont des pertes rapides supérieures aux dépôts.
Qu’est-ce que le swing trading ?
Le swing trading est un style de trading de moyen terme dont les transactions durent généralement de quelques jours à quelques semaines.
Le swing trader cherche à surfer sur les mouvements haussiers et baissiers des cours de bourse afin de gagner de l’argent que le marché soit en tendance ou en situation de range.
Il utilise l’analyse fondamentale, l’analyse technique et l’analyse comportementale pour déterminer les meilleurs points d’entrée et de sortie de position.
L’objectif du swing trader est de parvenir à capturer un mouvement de prix du marché pour encaisser la différence entre son prix d’achat et son prix de vente. Lorsque son pronostic est correct, il gagne de l’argent. Quand son pronostic est incorrect, il en perd.
Plutôt que de rester en permanence derrière ses écrans de trading, le swing trader positionne généralement un ordre stop-loss (pour couper ses pertes en cas de mouvement adverse du marché) et un ordre take-profit (pour prendre ses bénéfices une fois l’objectif atteint).
Lorsque la volatilité est particulièrement élevée, il est possible que l’ordre stop-loss ou l’ordre take-profit du swing trader soit déclenché au bout de quelques heures seulement, dès la première journée. À l’inverse, lorsque la volatilité est particulièrement faible, le swing trader doit parfois attendre plusieurs mois pour parvenir à clôturer sa position.
Les stratégies de swing trading
Les swing traders aiment rechercher des signaux de retournement ou de continuation de tendance pour prendre position dans le bon timing.
Pour ce faire, ils utilisent des screeners de trading capables de filtrer l’ensemble des actifs du marché et de leur fournir une liste réduite d’actifs présentant les conditions de marché prédéfinies : chandeliers japonais, figure chartiste, signaux techniques…
Néanmoins, parce qu’il n’existe pas de stratégie de swing trading gagnante prête à l’emploi, chaque swing trader développe généralement son propre plan de trading pour tenter de battre le marché. Les conditions d’entrée et de sortie de position, ainsi que les ratios rendement/risque utilisés par les swing traders varient donc grandement.
Au travers de l’histoire des marchés financiers, quelques grandes stratégies de swing trading sont toutefois parvenues à se faire une place toute particulière dans le cœur des traders indépendants.
1. La stratégie Momentum
La stratégie Momentum consiste à suivre la tendance de fond. Il s’agit pour le swing trader de surfer sur le mouvement de prix en cours avant de sortir de position lorsque le marché menace de se retourner.
Cette stratégie part du principe que les marchés financiers évoluent en tendance et qu’il serait donc possible d’exploiter le fait que l’évolution des prix tende à persister dans une direction donnée. En bref, avec la stratégie Momentum, la tendance est le meilleur allié du swing trader !
Dans cet exemple, pour profiter de la tendance haussière en cours sur l’action NVIDIA, un swing trader aurait pu entrer en position à l’achat suite au franchissement de la résistance des 502,50$. Puis prendre ses bénéfices à 903$ (après la première séance baissière de l’action).
Le momentum se développe sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Les traders recherchent des actifs en tendance forte, souvent confirmée par une cassure de niveau clé, une hausse des volumes ou des indicateurs de momentum, comme le RSI ou le MACD qui montrent une force soutenue.
Les swing traders qui utilisent des configurations momentum combinent souvent des configurations techniques (comme les drapeaux ou les cassures de consolidation) avec la confirmation des volumes ou de la force relative.
2. La stratégie de retracement
La stratégie de retracement de Fibonacci part du principe que tout mouvement d’impulsion est tôt ou tard suivi d’un mouvement de contre-tendance appelé « correction » en tendance haussière ou « rebond » en tendance baissière.
Avec cette stratégie contrariante, le swing trader prend position à l’encontre de la tendance de fond. Il vend à découvert lorsqu’une tendance haussière s’essouffle dans l’espoir de racheter sa position en fin de correction. Et à l’inverse, il achète quand la tendance baissière montre des signes de faiblesse dans le but de revendre sa position en fin de rebond.
Dans cet exemple, un swing trader aurait pu profiter du retour des cours du NASDAQ Composite au contact du retracement de Fibonacci des 61,8% pour entrer en position à l’achat sur les 10982 points avant de revendre lors du retour sur les derniers points hauts du marché à 12269 points.
3. La stratégie des tortues
Enseignée par le trader sur matières premières Richard Dennis dans les années 80, la stratégie des tortues consiste à prendre position à l’achat suite à la rupture des derniers points hauts ou à la vente suite à la rupture des derniers points bas.
Cette stratégie de breakout s’appuie notamment sur les canaux de Donchian pour permettre au swing trader de visualiser en un coup d’œil les points extrêmes atteints au cours des 10, 20 et 55 dernières séances.
Dans cet exemple, un swing trader aurait pu prendre position à l’achat suite au franchissement de la borne haute du canal de Donchian de période 20 à 1684$ et revendre suite au franchissement de la borne basse de l’indicateur à 1860$.
4.Trading de range
Tous les marchés ne sont pas en tendance. En fait, de nombreux actifs passent plus de temps à évoluer latéralement qu’à monter ou descendre. C’est là qu’intervient le trading de range, une stratégie construite autour de l’identification de zones de support et de résistance clés, et de la capture des oscillations entre elles.
Les swing traders qui utilisent cette approche recherchent des ranges bien définis. Quand le prix approche du support, ils cherchent des signes de force, comme un chandelier haussier ou un rebond du RS, pour acheter. Quand le prix s’approche de la résistance, ils surveillent l’épuisement ou les figures de retournement pour vendre à découvert ou prendre leurs profits.
Cette stratégie n’essaie pas de prédire les cassures. Elle suppose que le prix restera dans le range jusqu’à preuve du contraire. Elle fonctionne mieux dans les marchés peu volatils ou quand une action consolide après un gros mouvement.
Dans l’exemple ci-dessus, un swing trader aurait pu jouer le range prolongé de Nextera (NEE) de fin 2020 à fin 2023, achetant aux approches de 65 $ et vendant quand l’action du secteur des services publics approchait de 85 $. Ce range de 20 $ a persisté pendant des trimestres entiers avant de casser sous les 65 $ dans un mouvement brutal fin 2023.
Le trading de range compte parmi les types de swing trading les plus simples, mais vous devez maîtriser l’identification des zones de support et de résistance clés.
5. Stratégie squeeze
Parfois, les meilleurs trades arrivent juste après les moments les plus calmes. La stratégie squeeze se concentre sur les cassures qui suivent les périodes de faible volatilité, quand l’action des prix se contracte dans un range étroit avant de s’étendre brusquement dans une direction.
Les swing traders qui utilisent cette configuration s’appuient souvent sur l’indicateur TTM Squeeze, qui combine les bandes de Bollinger et les canaux de Keltner.
Quand les bandes de Bollinger passent à l’intérieur des canaux de Keltner, cela signale un « squeeze » ou une contraction de la volatilité. Une fois que les bandes ressortent, le squeeze est considéré comme « libéré », et les traders cherchent un momentum directionnel pour entrer en position.
Vous pouvez aussi faire plus simple et utiliser uniquement les compressions des bandes de Bollinger, avec la confirmation des volumes, pour repérer les cassures haussières et baissières.
Cette stratégie fonctionne bien sur les graphiques journaliers où le prix se comprime sur plusieurs séances. Les traders attendent généralement une bougie de cassure sur volume fort, puis utilisent des indicateurs comme le MACD ou le RSI pour confirmer la direction. L’objectif est d’attraper le début d’un nouveau mouvement de plusieurs jours, idéalement quand la cassure s’aligne avec la tendance générale.
Dans l’exemple ci-dessus, un swing trader aurait pu identifier un resserrement des bandes de Bollinger sur l’ETF Financial Select Sector SPDR (XLF) en janvier 2024. Après une année solide, XLF a consolidé pendant trois semaines, entraînant une contraction des bandes de Bollinger.
Acheter quand le prix touche la bande de Bollinger supérieure, le 22 janvier, implique d’acheter sur un plus haut de plusieurs mois, mais cela permietde profiter d’une nouvelle phase du marché haussier du secteur financier.
6. Anticiper le sentiment des catalyseurs
Le swing trading basé sur les catalyseurs repose sur une idée simple : le marché réagit souvent avant que l’actualité ne tombe. Les traders exploitent cela en identifiant des actions avec des événements programmés à venir (rapports de résultats, approbations FDA, journées investisseurs) et surfent sur l’optimisme pré-événement.
Il ne s’agit pas d’une stratégie buy-and-hold à travers l’actualité. Les traders cherchent plutôt à entrer plusieurs jours ou même semaines avant l’événement, en visant à sortir avant que l’actualité ne tombe. L’objectif : bénéficier du sentiment haussier et du positionnement, sans exposer le capital à la volatilité post-événement ou aux gaps surprises.
Le screening des opportunités de catalyseur consiste à combiner une watchlist d’actions avec des dates connues à venir (par exemple, calendrier des résultats) et des configurations techniques, comme les rebonds sur support, les formations de cassure ou l’amélioration du momentum.
Dans l’exemple ci-dessus, un swing trader aurait pu acheter Tesla (TSLA) quand les actions étaient déprimées, entre 140 $ et 190 $, de mars à la majeure partie de juillet 2024. Les actions ont fortement progressé à l’approche du rapport T2 le soir du mardi 23 juillet 2024.
Malheureusement pour les détenteurs, TSLA a plongé de plus de 12 % dans la séance suivante. Plutôt que de jouer l’événement des résultats, simplement anticiper l’activité d’achat à l’approche de la publication s’est avéré être un meilleur rapport risque/rendement. Pendant plusieurs semaines avant le rapport trimestriel, un trader aurait pu sortir entre 240 $ et 270 $.
7. Trading de retournement
Alors que de nombreux swing traders se concentrent sur le suivi des tendances, d’autres cherchent les moments où ces tendances commencent à faiblir, et espèrent saisir le retournement. Le trading de retournement consiste à repérer les signes d’essoufflement du momentum et de changement du direction du prix dans la direction opposée.
Une configuration courante utilise la divergence RSI, où le prix fait un nouveau plus haut (ou plus bas), mais le RSI échoue à confirmer le mouvement. Cela suggère que le momentum sous-jacent s’affaiblit, même si le prix continue de monter. Les traders combinent souvent cela avec des niveaux clés de support ou de résistance et une confirmation d’une moyenne mobile ou d’une figure en chandelier.
Cette stratégie fonctionne mieux sur des actifs qui ont déjà fait un mouvement fort et commencent à montrer des signes d’épuisement. En entrant tôt, avant qu’un changement de tendance complet ne se produise, les swing traders visent à saissir la prochaine phase dans la direction opposée, souvent avec des stops serrés et des objectifs de profit définis.
Dans l’exemple ci-dessus, un swing trader aurait pu utiliser l’oscillateur de momentum RSI pour repérer deux retournements baissiers et un retournement haussier majeur.
Fin 2021, Alphabet (GOOGL) a atteint un plus haut historique, mais sur un momentum faiblissant, ce qui annonçait un retournement baissier. Puis, aux plus bas du marché baissier de fin 2022 et début 2023, le schéma opposé s’est produit. Enfin, quand GOOGL a fait un nouveau plus haut début 2025, l’indicateur RSI n’a pas confirmé l’avancée, et le cours a décliné rapidement dans les semaines suivantes.
Avantages et inconvénients du swing trading
Le swing trading est une des stratégies de trading les plus populaires.
Swing trading VS Position trading
À la manière du position trading, le swing trading permet de pratiquer le trading en parallèle de son activité principale et de réduire considérablement le temps passé derrière ses écrans (quelques minutes par semaine suffisent à placer ses ordres de swing trading).
Adapté à l’ensemble des marchés financiers (actions, indices, matières premières…), le swing trading offre quotidiennement de nombreuses opportunités et reste un style de trading actif capable de procurer de bonnes sensations et de délivrer des rendements attractifs.
Néanmoins, les hypothèses de rendement du swing trading doivent être mises en perspective avec les risques élevés de perte en capital, voire avec le risque d’endettement en cas de recours à l’effet de levier.
Swing trading VS Day trading
Contrairement au scalping ou au day trading, le swing trading expose le trader au risque de gap overnight, c’est-à-dire au risque de voir les prix décaler soudainement d’une séance boursière à l’autre suite à la fermeture du marché.
Plus l’horizon d’investissement s’allonge, plus la probabilité de rencontrer un gap de cotation s’élève. La plupart des gaps sont généralement anodins, mais certains peuvent prendre le swing trader à contrepied et causer sa perte (avec, dans les cas extrêmes, des retraits de la cote pour cause d’OPA ou de liquidation judiciaire) !
Enfin, si le swing trader ne fait pas du trading au comptant, ses frais de courtage peuvent vite s’envoler, que ce soit en raison du coût de financement de l’effet de levier ou des frais de roll-over spécifiques à certains produits dérivés.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Nombreuses opportunités de trading à la hausse comme à la baisse | Risques de perte par trade élevé en raison de la distance relativement élevée du stop-loss |
| Frais de courtage réduits (moins de trades qu’avec le scalping ou le day trading) | Présence de risques et de frais spécifiques (gaps overnight, roll-over…) |
| Demande peu de temps avec la possibilité d’adopter des stratégies simples | Risque de manquer des mouvements de tendance de plus long terme |
Conclusion
Le swing trading offre un moyen de rester actif sur les marchés sans être collé à votre écran toute la journée. Que vous tradiez des cassures, des pullbacks ou des mouvements pré-catalyseurs, la clé est de trouver une stratégie qui correspond à votre tolérance au risque, votre emploi du temps et votre état d’esprit.
Ce qui distingue les swing traders gagnants n’est pas le nombre de configurations qu’ils connaissent — c’est leur capacité à s’en tenir à une approche, gérer le risque de manière cohérente et s’adapter aux conditions changeantes du marché. Testez chaque stratégie avant de passer en réel, utilisez des règles claires pour les entrées et sorties, et ne sous-estimez pas la valeur de la patience.
Comme toute stratégie de trading, le swing trading reste une activité risquée. Avant de trader en réel, mieux vaut pratiquer avec un simulateur de trading.
FAQ – Questions fréquentes sur le swing trading
Quelle différence entre le day trading et le swing trading ?
La différence fondamentale entre le day trading et le swing trading se situe au niveau de l’horizon d’investissement. Là où le day trader sort de position avant la fin de la séance de trading en cours, le swing trader conserve quant à lui ses positions plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Quels sont les outils et indicateurs les plus utilisés par les swing traders ?
Les swing traders apprécient tout particulièrement l’analyse graphique afin d’identifier les niveaux de prix optimaux pour entrer et sortir de position. Ils utilisent notamment des modes de représentation graphique tels que les chandeliers japonais, des indicateurs techniques de suivi de tendance (moyennes mobiles), de retournement de tendance (stochastique) et d’excès (RSI), mais également des systèmes de trading plus complets tels qu’Ichimoku.
Quel marché est le plus adapté au swing trading ?
Le swing trading est adapté à l’ensemble des classes d’actifs. Les swing traders semblent toutefois privilégier les actions, les indices boursiers et les matières premières.
Quel compte de trading choisir pour faire du swing trading ?
Si le Plan d’Epargne en Actions (PEA) ne convient pas spécialement au swing trading, le Compte Titres Ordinaire (CTO) ou un compte de trading standard via un des meilleurs courtiers trading sera plus adapté.
Quels produits financiers pour faire du swing trading ?
Pratiquer le swing trading directement avec des actions ou via des instruments tels que les contrats à terme sur indices constitue une stratégie efficace pour minimiser les frais overnights, particulièrement onéreux pour des instruments comme les CFD. Peu importe votre choix, veillez à bien comprendre le fonctionnement des instruments financiers sélectionnés et à disposer des ressources financières requises pour couvrir le risque de perte en capital.
Quel capital pour commencer à faire du swing trading ?
De nombreux courtiers en ligne offrent la possibilité de commencer le swing trading avec un investissement initial modeste, grâce notamment à des options d’investissement fractionné. Il est conseillé de déterminer un capital initial conforme à votre budget trading.
Fondateur et rédacteur en chef de NewTrading.fr, Maxime vous partage son expérience pour découvrir le trading sans vous faire plumer. Diplômé du Master Grande École de SKEMA Business School et d’un Master en Analyse financière internationale de la Faculté de finance, banque et comptabilité de Lille, Maxime pratique le trading depuis 2009.
